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Pourquoi mon bébé pleure ?! 6 pistes de réflexion

par | Avr 28, 2020 | Conseil | 0 commentaires

Hier, mon amie Laure, maman d’un bébé de 2 mois, me faisait part de sa difficulté à entendre son bébé pleurer. Elle m’a donné l’idée de cet article. 

Halalala, comme c’est difficile en effet de supporter les pleurs de bébé… Même si l’on sait que c’est son seul moyen de communication, ça peut être très stressant, surtout quand on a l’impression d’avoir déjà tout fait : l’avoir nourrit, avoir changé la couche, fait faire un rot… 

Voici quelques pistes pour mieux comprendre les pleurs, car les comprendre c’est déjà mieux les vivre.

1. A quoi servent les pleurs?

Les bébés pleurent en moyenne deux heures par jour et 25% des bébés pleurent jusqu’à 3h30 par jour, avec un pic autour des 2 mois. Evidemment, vous le savez, c’est son seul moyen d’expression. Bébé pleure parce qu’il a faim ou sommeil, parce qu’il a mal au ventre, parce qu’il a un rot coincé, parce qu’il a besoin de sentir votre présence avec un câlin… Et nous verrons plus loin que les pleurs peuvent avoir aussi un autre rôle et non des moindres.

En tant que mammifères, les petits pleurent pour assurer leur survie. Certains chercheurs pensent en effet que l’évolution, par les lois de la sélection naturelle, a favorisé le modèle « bébé brailleur », qui avait plus de chance de survie. Même si nous ne sommes plus des chasseurs cueilleurs en proie à de terribles prédateurs, cela reste inscrit en nous: en pleurant, le bébé s’assure de la proximité de ses parents et augmente ses chances de survie. D’ailleurs, les pleurs de bébés provoquent souvent une montée de lait chez la mère, donc non seulement la maman reste à proximité mais en plus le repas est prêt! 

En somme, il est tout à fait normal qu’un bébé pleure. Car même dans les sociétés où les enfants sont portés non stop et où les mères répondent immédiatement aux besoins de leur bébé, avec accès illimité au sein, les bébés pleurent. Un peu moins fort, un peu moins longtemps, mais aussi souvent. 

C’est plutôt le bébé qui ne pleure jamais qui pourrait inquiéter. Souvent, ses parents ont si peu répondu à ses besoins, le laissant hurler des heures sans s’occuper de lui, qu’il a tout simplement baissé les bras. 

2. Alors si c’est normal, pourquoi est-ce si difficile à supporter? 

Hé bien parce que ce son met votre cerveau en alerte, vous allez chercher à satisfaire le besoin du bébé, à faire cesser les pleurs. Si vous y parvenez, vous vous sentez compétent, connecté à votre enfant. Mais si rien ne «fonctionne », vous sentez le stress monter, vous vous sentez en difficulté et vous êtes frustrés de ne pas pouvoir consoler bébé. Frustration, stress, sentiment d’incompétence… voici un vilain cocktail négatif qui va submerger votre cerveau

Je vous invite d’abord à prendre conscience de ce que vous ressentez quand bébé pleure beaucoup et que vous ne parvenez pas à l’apaiser: impuissance? agacement? colère? irritation? Il est important d’accueillir ces émotions pour pouvoir les prendre en charge ensuite. 

A quel moment les pleurs vous irritent-ils le plus? La nuit? Ou au contraire dans la journée quand vous essayez désespérément de faire autre chose que vous occuper du bébé? C’est intéressant à identifier car vous pouvez prévoir d’être relayée à ce moment là dans votre organisation et l’on peut faire un travail avec les outils de la relaxation pour vous aider à mieux accueillir ces pleurs là. 

Petit rappel essentiel: si l’on sait aujourd’hui qu’il ne faudrait jamais laisser un bébé pleurer seul, il est important de savoir parfois le laisser en sécurité dans son berceau, sur le dos, si l’on se sent à bout et que l’on pourrait lui hurler dessus, le serrer trop fort, voir même avoir un geste d’exaspération dramatique. Je pense bien sûr au syndrome du bébé secoué.

3. Comment faire en sorte que mon bébé pleure moins? 

Si votre médecin a exclut tout problème médical, vous pouvez vous rassurer et vous dire que les pleurs manifestent majoritairement un besoin physiologique.

Ces besoins, le bébé les manifeste AVANT de pleurer. Le pleur arrive en général dans un second temps. Mais il arrive rapidement, et il s’agit de ne pas louper le coche. C’est en passant le maximum de temps avec votre bébé, en l’observant, que vous apprendrez quel son et quelle mimique il fait quand il a faim ou sommeil, ou qu’il a besoin d’être changé.

Les parents qui pratiquent l’HNI (Hygiène naturelle infantile) arrivent même à percevoir à quel moment leur bébé s’apprête à faire pipi! Je n’ai pas eu cette expérience de mon côté, si c’est votre cas n’hésitez pas à partager votre vécu en commentaire.

Le bébé dont le besoin est comblé n’a pas besoin de pleurer. Mais évidement il est difficile d’avoir les yeux rivés 24/24 sur notre bébé pour scruter ses moindres plissements d’yeux. Donc pas de culpabilité: vous faites de votre mieux, oui votre bébé va continuer de pleurer, mais en l’observant davantage, vous pourrez repérer quelquefois le besoin et le satisfaire avant les pleurs. Et si on réduit déjà ne serait ce que de 20% les pleurs en faisant cela, c’est super non?! Dans mes ateliers de langage naturel de bébé, je vous montre comment repérer ces sons et ces mimiques.

4. J’ai tout essayé, il pleure encore, que faire? 

Vous les connaissez ces pleurs inconsolables, ceux qui ne semblent manifester aucun besoin physiologique. On fait tout pour les calmer. Rien de marche. Et en réalité, parfois, il n’y a tout simplement rien à faire…

Quand un bébé pleure, sans problème médical et qu’on ne parvient pas à l’apaiser après l’avoir nourrit, l’avoir fait roter, l’avoir changé ou câliné, après s’être assuré qu’il n’avait ni trop chaud ni trop froid, on pense souvent qu’il fait des « coliques ». C’est possible bien sûr, et nous pouvons d’ailleurs identifier le mal de ventre grâce au langage naturel de bébé (Dunstan Baby Language). Mais dans le cadre d’une étude rapportée par Aletha Solter dans son livre « A l’écoute de mon bébé », les chercheurs ne sont parvenus à identifier aucun trouble gastro-intestinal chez la plupart des bébés qui pleuraient abondamment. 

Aletha Solter, auteur parfois radicale sur le sujet mais que je vous recommande tout de même, propose la piste des pleurs comme processus de récupération, mécanisme de libération du stress, moyen de diminuer les tensions causées par un traumatisme passé. 

Le stress peut-être prénatal, par exemple si la maman a ressenti elle-même un stress pendant sa grossesse. Il peut être lié aux conditions de la naissance ou encore à un stress des parents. Alors là je vous entends culpabiliser d’ici! Stop! Vous faites de votre mieux et les sources de stress que vous subissez ne sont certainement pas de votre fait. Nous reparlerons de comment limiter les sources de stress dans un prochain article.

Alors, quand les pleurs ne semblent pas être liés à un besoin physiologique de faim/sommeil/inconfort etc, c’est probablement un pleur de décharge lié à ces stress. Ils sont difficiles à accueillir parce qu’il n’y a rien à faire en réalité, il n’y a pas d’astuce miracle et au contraire il est sain de laisser son bébé les exprimer parce que ce processus est libérateur. Chercher à les faire taire à tous prix, c’est comme lui interdire d’exprimer son émotion. 

Tout simplement, essayez de tenir votre enfant dans vos bras, installez vous confortablement, parlez lui doucement pour l’assurer de votre présence et de votre amour inconditionnel, sans chercher à le calmer, ni le bercer, ni rien. Vous pouvez porter un casque anti-bruit, si c’est douloureux pour vos oreilles. Ecouter les pleurs ce n’est pas forcément se laisser exploser les tympans. 

Et l’idéal serait d’être secondé dans ces moments là, pour passer le relais si c’est trop dur pour vous à ce moment là. Et encore une fois, à l’impossible nul n’est tenu, si c’est trop dur pour vous et que vous sentez l’énervement vous envahir, mieux vaut laisser bébé seul en sécurité dan son berceau quelques instants plutôt que de vous énerver avec lui dans les bras

Outre le stress prénatal et lié aux conditions de naissance, le bébé peut ressentir du stress aussi pendant la journée, s’il a été surstimulé, s’il a rencontré des inconnus, s’il y a eu des bruits forts… J’entends souvent des parents me dire « nous sommes allés en soirée chez des amis, il y avait beaucoup de monde et beaucoup de bruit, on a passé une super soirée mais qu’est ce qu’on l’a payé ensuite! Il a pleuré, pleuré… »

Aletha Solter nous invite à rechercher les moyens d’éviter les sources de stress, plutôt que de vouloir faire taire les pleurs qui sont le mécanisme libérateur de ce stress. Alors oui, cela peut passer par vivre une vie un peu particulière pendant quelques mois, recentrée sur la cellule familiale. Et vous aurez bien le temps de renouer avec votre vie sociale un jour, ne vous inquiétez pas ! 

5. Et si c’était un caprice? 

Vous l’aura compris, un nourrisson ne fait JAMAIS de caprice ! Il n’a pas la structure mentale pour cela. S’il ne pleure plus quand il est dans les bras c’est parce qu’il a BESOIN de ressentir votre présence rassurante. Il vient de passer 9 mois dans le ventre de sa maman, bercé par ses mouvements, sa voix et les voix de ses proches. On l’a dit plus haut, seul loin de vous il se sent en danger. C’est un réflexe de survie. Ne pas y répondre, c’est mettre son cerveau sous stress et les hormones du stress ont un effet nocif sur son développement. J’en parlerais davantage dans un autre article mais en résumé, plus il se sera senti en sécurité dans sa toute petite enfance, mieux il pourra se détacher de vous. La prochaine personne qui vous dit « tu l’habitues mal, si tu le prends dans les bras il va devenir capricieux », ne vous laissez pas influencer, il s’agit d’idées d’un autre temps et totalement erronées! 

6. La piste médicale, toujours à valider avec votre médecin

Bien sur, les pleurs peuvent avoir une raison médicale. 

Si c’est des coliques, en général bébé aura le ventre tendu une à deux heures après avoir bu. Si c’est un nez bouché, vous verrez qu’il garde la bouche entr’ouverte en permanence. L’eczéma peut entraîner un inconfort très pénible pour le bébé. 

La douleur entraîne des pleurs plus aigus, plus stridents. Il peut s’agir d’un reflux gastro-oesophagien, la piste allergique peut aussi être explorée par le pédiatre. 

Au moindre doute, consultez !

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Sereinement, Mathilde

Les sources de cet article: 

A l’écoute de mon bébé, Aletha Solter, 2ème édition revue et augmentée, 2019, éditions Jouvence; Quand bébé pleure, c’est qu’il va bien, article de Soline Roy publié dans le Figaro santé le 9 mai 2014; Les bébés qui pleurent fort ont un avantage évolutif, interview de Luc-Alain Giraldeau sur Radio Canada du 7 décembre 2018; Magasine Peps n°20, dossier pleurer et guérir.

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Jolivet Martin Mathilde

Je suis Mathilde, psychopraticienne relaxologue et accompagnante parentale. Je t’accompagne vers plus de sérénité dans ta parentalité.

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