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Hyper sollicitation de nos enfants: la piste du non-agir en 3 étapes

par | Sep 17, 2019 | Conseil | 0 commentaires

J’entends beaucoup de parents se plaindre que leurs enfants les sollicitent énormément lorsqu’ils sont présents à la maison, le week-end, durant des vacances ou pendant la période particulière de confinement. Les enfants semblent n’en avoir jamais assez. J’ai vécu ça avec ma chouquette de 5 ans: passer la journée à enchaîner les activités ne me préservait pas d’une soirée compliquée où 2 puis 3 histoires, 2 puis 3 chansons seraient nécessaires avant d’espérer profiter de ma soirée. Pourtant, il me semblait bien que son réservoir affectif était plein!

Mais en observant les choses de plus près, je me suis rendue compte de trois choses importantes. 

1. La plupart du temps, qui sollicite le plus l’autre?

Les enfants sont eux-mêmes sur-sollicités, par leurs parents, par l’école, par les multiples activités extra-scolaires…

Qui sollicite à longueur de journée l’enfant pour qu’il se lève, s’habille, se lave, se brosse les dents, mange 5 fruits et légumes, n’embête pas sa soeur, range sa chambre, fasse ses devoirs, se dépêche de mettre ses chaussures, éteigne l’écran… 

Vous avez compris où je veux en venir, n’est ce pas? Les enfants apprennent par imitation, et on pourrait même dire par imprégnation. Il est d’ailleurs amusant de retrouver des attitudes des parents chez les enfants de nos amis par exemple. Sur-sollicités par les adultes, à la maison, à l’école, dans leurs multiples activités extra-scolaires, quasiment toujours en collectivité, difficile de ne pas reproduire à son tour ce mode de vivre ensemble! 

En plus de ça, nous avons tendance à les solliciter pour éviter qu’ils ne s’occupent « bêtement »: on leur propose un jeu éducatif plutôt que de les laisser inventer, on leur impose un puzzle pour éviter qu’il ne passe 15 minutes de plus sur la tablette. Si certains enfants profiteront, en réaction, des temps libres pour investir une action qui leur plait, d’autres au contraire se sentiront incapables de trouver des idées par eux-mêmes. Bien sûr cela dépend aussi de l’âge de l’enfant. 

Il est donc logique que les enfants nous sollicitent à leur tour et curieux que nous en soyons étonnés. 

Je vous propose de profiter d’une journée avec vos enfants pour ne rien leur demander de particulier, ne rien leur proposer. Laissez faire, observez, occupez vous de votre côté en veillant bien sur à leur sécurité et mettez vous à leur disposition s’ils expriment un besoin. Lâchez prise. Profitez en pour prendre soin de vous, un masque à l’argile, une séance de résonance cardiaque… remplissez votre réservoir! Et observez… 

2. Est-ce qu’on les laisse vraiment s’occuper seuls? 

 Et si nous laissions nos enfants un peu tranquilles nous aussi?

Je me plains souvent de l’hyper-sollicitation de ma fille de 5 ans. Et j’ai eu un déclic ce matin, qui a inspiré cet article 😉 

Je venais de lui refuser les écrans, qu’elle avait déjà eu trop longuement selon moi dans la matinée. Après avoir accueilli sa décharge de frustration (je reparlerai de cela dans un autre article), je me suis remise à mon travail en l’invitant à trouver une occupation. Elle est restée assise au milieu du salon une bonne dizaine de minutes, à gigoter vaguement sans rien faire de précis. Là, j’avais déjà envie d’intervenir pour lui faire des propositions « et si tu jouais avec tes pet shop, ça fait longtemps… », mais je me suis retenue. Finalement, elle a sorti un livre du sac de bibliothèque. Elle l’a ouvert. Elle a commencé à déchiffrer à voix haute. « LE KO-A-LA , LE MI-LE_PA_TE ». Elle était dos à moi et ne cherchait pas ma validation, elle était concentrée, à fond dans son activité de déchiffrage. MAIS… à un moment donné elle a fait une erreur, elle n’arrivait pas à lire « crapaud » et lisait « cra-pa-ude ». Je n’ai pas pu m’en empêcher, je suis venue m’agenouiller par terre à ses côtés et je lui ai dit « wahou, tu lis bien! Là, A-U-D ça fait « o». La magie était rompue, elle a commencé à dire n’importe quoi, à me demander les sons de toutes les lettres alors qu’elle venait de les lire seule et au bout de deux minutes la phrase redoutée est arrivée « je peux avoir les écrans maintenant? ». 

Que se serait-il passé si je n’étais pas intervenue? Hé bien, je ne le saurai jamais avec certitude.  Peut-être qu’elle aurait trouvé tout seule que A+U=O car elle voyait l’illustration de l’animal en dessous du mot et aurait pu le déduire seule… Je pense qu’elle n’aurait peut-être pas lu pendant 1 heure mais je crois qu’au bout d’un moment elle serait venue vers moi d’elle-même, parce que c’était le bon moment pour elle, pour me montrer, me demander… Et je ne lui ai pas laissé cette liberté, mon intervention était finalement assez intrusive alors qu’en plus je venais de lui demander de s’occuper seule… 

En y réfléchissant, je me rends compte qu’il y a souvent des moments comme celui là, pour elle comme pour son frère, où ils sont concentrés sur une activité, seuls, et où j’interviens pour leur proposer quelque chose qui me semble plus intelligent, plus approprié, plus performant… Faites vous cela vous aussi? Et si nous les laissions un peu tranquilles? Peut-être qu’à leur tour ils respecteraient mieux notre besoin de moment à nous. 

3. Les laisser faire, c’est leur apprendre beaucoup

Si les enfants ne savent pas s’ennuyer et faire de cet ennuie une source de créativité, ne serait-ce pas parce que nous les en avons empêchés ?

J’ai souvent lu des articles sur les disputes entre frères et soeurs où les auteurs conseillaient de ne pas intervenir (tant que chacun restait en sécurité et qu’ils n’en venaient pas aux mains), et qu’ainsi les enfants trouveraient une solution par eux mêmes. J’était assez dubitative sur la question. J’ai testé et il est vrai que cela demande pas mal de lâcher prise quand on les entend se dire des atrocités… Mais ça marche ! La plupart du temps… Ce qui n’empêche pas d’en reparler à tête reposée, une fois la vague passée, en disant « j’ai entendu la dispute tout à l’heure, ça avait l’air d’être une grosse dispute, pour vous dire des choses pareilles vous deviez être vraiment fâchés l’un après l’autre » et entamer une médiation si besoin. 

Cela m’a interrogée sur le non agir. Le non agir, pour ce qui est du sujet de cet article, c’est tout simplement ne pas intervenir quand nos enfants sont occupés de leurs côtés, même si l’occupation en question ne nous plait pas trop. Votre grand écoute maitre Gims dans sa chambre et vous préféreriez le sensibiliser à la musique classique ? Laissez. Ce n’est pas le moment.

Votre fille fait des coloriages de fées et de licorne en rose et mauve et vous trouvez cela trop genré, vous voulez plutôt lui imprimer des mandala ? Laissez. Ce n’est pas le moment. 

En leur laissant ces espaces d’intimité et de liberté, vous êtes en train de les respecter pour ce qu’ils sont, dans leurs goûts personnels, dans leur espace personnel. Vous les laissez s’occuper seuls, trouver des idées d’activités seuls, s’ennuyer pourquoi pas. Et peu à peu, la solution « écran » ne sera plus un réflexe automatique pour eux. 

Autrement dit, ce que j’essaye de vous faire comprendre, c’est que si les enfants d’aujourd’hui comme on dit ne savent pas jouer seuls et nous sollicitent en permanence, c’est en partie parce que nous les adultes les en avons en réalité empêchés. Qu’en pensez-vous?! Dites moi en commentaires. 

Et bien sûr, cela est à adapter selon l’âge de vos enfants. Avec les plus jeunes qui ne peuvent rester sans surveillance, vous pouvez simplement être à proximité d’eux, les regarder, tout en les laissant faire, sans intervenir hors sollicitation de leur part. En général (et en théorie! ) c’est à partir de 3 ou 4 ans que les enfants commencent à jouer seuls.

En pratiquant cet art du non agir, vous verrez petit à petit qu’ils respecteront davantage votre espace à vous.

Attention non-agir ne veut évidemment pas dire désinvestissement ! Tenez vous prêt à accueillir votre enfant lorsqu’il vous présentera la superbe construction lego qu’il a passé une heure à préparer, son coloriage bariolé, à accueillir ses réalisations comme elles sont, dans leur parfaite imperfection. 

Pour creuser ce sujet, je vous invite à prendre un rendez-vous pour une séance découverte avec moi. C’est gratuit et sans engagement. Cela nous permet de faire connaissance, je t’explique comment je peux t’aider et nous voyons si nous pouvons travailler ensemble. 

Que pensez-vous de tout ça? Quelles sont vos difficultés principales avec vos enfants? Aimeriez vous que je développe certains éléments de cet article? 

Dites moi tout cela en commentaire! 

Sereinement, 

Mathilde

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Jolivet Martin Mathilde

Je suis Mathilde, psychopraticienne relaxologue et accompagnante parentale. Je t’accompagne vers plus de sérénité dans ta parentalité.

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